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Faire plus avec moins? Et si on dépensait intelligemment?

Votre organisme caritatif confessionnel croit-il que l’on peut faire plus avec moins?

On trouve dans ma communauté mennonite russe un livre de recettes très connu intitulé More with Less: suggestions by Mennonites on how to eat better and consume less of the world’s limited food resources (suggestions de mennonites pour manger mieux et consommer moins de ressources alimentaires limitées).

Ce livre est excellent et j’aime faire plusieurs des recettes qui s’y trouvent. Ce livre écrit il y a maintenant plus de 40 ans lançait un avertissement prémonitoire concernant notre société de consommation. J’ai beaucoup d’admiration pour les personnes qui ont créé ce livre. Il m’a inculqué de bonnes valeurs, ainsi qu’à bon nombre de mes proches.

Nous pouvons mettre en application dans de nombreux aspects de nos vies les principes prônant la réduction, la réutilisation et le recyclage.

CELA ÉTANT DIT.

Ce tournant vers la conservation et la réduction peut aussi être très dommageable dans d’autres aspects de nos vies. À titre de conseiller dans le secteur des organismes à but non lucratif, je travaille régulièrement avec des organisations plus petites et souvent confessionnelles et je suis témoin fréquemment d’une telle attitude.

On croit fermement au sein de certains organismes à but non lucratif qu’il vaut mieux économiser l’argent plutôt que de le dépenser. Ces bons principes de gestion signifient qu’il faut réduire les dépenses plutôt que de faire de bons investissements.

Un organisme de bienfaisance que je connais bien a récemment perdu son principal collecteur de fonds. Il n’y avait aucune intention malveillante derrière ce départ, la personne souhaitait simplement passer à autre chose. L’organisme de bienfaisance se trouve au cœur d’une importante campagne de financement et aura d’importants besoins. La volonté de réduire les dépenses a mené à la décision de ne pas remplacer la personne après son départ. On a plutôt choisi de donner plus de responsabilités au personnel en poste.

L’organisme pourra-t-il faire plus avec moins? Il va probablement se rendre compte qu’il fera moins avec moins.

Dans le cas de nombreux mandats, on considère acceptable, voire même nécessaire, de demander au personnel d’en faire plus. Cependant, le personnel en place pourrait tomber d’épuisement, ce qui placera l’organisme de bienfaisance en bien mauvaise posture.

Suis-je surpris? Pas vraiment. La répugnance à dépenser de l’argent représente l’un des défis auxquels sont confrontées les plus petites organisations confessionnelles. On considère qu’il s’agit de « l’argent de Dieu » et que l’on ne peut pas le dépenser pour embaucher plus de personnel ni pour offrir une meilleure rémunération. Cet argent doit servir directement à la mission. Malheureusement, ce manque de vision finit par nuire à la mission.

Si vous êtes membre d’un conseil d’administration, je vous encourage à prendre en considération une question essentielle au moment de discuter avec la direction générale ou des spécialistes de la collecte de fonds :

Dépensez-vous assez d’argent?

Ensuite, il faut vous poser les questions suivantes : Avez-vous suffisamment de personnel pour réussir? Avez-vous les occasions de perfectionnement professionnel, le soutien externe et les technologies nécessaires pour réussir? Dans la négative, comment pourriez-vous vous attendre à réussir?

Ayant grandi dans une culture prônant d’en faire plus avec moins, de telles questions ne sont pas évidentes pour moi. Mais j’ai vu les dommages causés par des conseils d’administration qui accordent plus d’importance à la réduction des dépenses qu’à la réflexion créative ou aux investissements menant à la croissance.

Je suis d’accord pour dire que la nécessité est la mère de l’invention, mais pas si c’est une raison pour empêcher du personnel compétent et une organisation de réaliser leur plein potentiel ni si l’austérité a préséance sur la mission.

En affaires, on dit qu’il faut de l’argent pour faire de l’argent. Cela est aussi vrai pour les organismes de bienfaisance. Comme le dit souvent Guy Mallabone, le chef de la direction de Global, « l’argent est le moteur de la mission ». Cela est aussi vrai en ce qui concerne la colonne des revenus et des dépenses d’un bilan.

Le fait de dépenser intelligemment ne signifie pas de faire des dépenses exagérées. Il faut investir de façon à faire croître éventuellement la mission. Par conséquent, comment peut-on investir plus d’argent pour appuyer sa mission?

  • Ajouter un poste essentiel pour aider la direction générale à être plus efficace et stratégique. Vous pourrez maintenir en poste du personnel compétent et éviter l’épuisement professionnel.
  • Mettre davantage l’accent sur l’appréciation des donatrices et des donateurs pour qu’ils se sentent mieux reconnus.
  • Améliorer les bases de données pour les rendre plus précises et efficaces et, surtout, pour améliorer les interactions avec les donatrices et les donateurs.
  • Produire du matériel plus solide pour les communications, pour que les donatrices et les donateurs comprennent mieux le rôle potentiel qu’ils peuvent jouer dans votre mission.
  • Par-dessus tout, l’augmentation du budget consacré à l’avancement indique à votre personnel que vous l’appréciez, ce qui favorise la loyauté et l’engagement.

Il coûte habituellement moins cher de conserver et de motiver des donatrices et des donateurs existants que d’en attirer de nouveaux. Pour la plupart des organisations, et surtout celles qui essuient des pertes ou qui obtiennent de modestes gains nets au chapitre des dons et des donateurs, le fait de prendre des mesures positives pour réduire de telles pertes représente une stratégie moins coûteuse pour réussir à augmenter les gains nets en matière de fonds recueillis.

Changeons la mentalité qui nous dit de faire plus avec moins. Nous pouvons accomplir tellement plus en investissant dans la réussite.

 http://afpfep.org/wp-content/uploads/2018/04/2018-Fundraising-Effectiveness-Survey-Report.pdf