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L’avenir de la collecte de fonds : Êtes-vous prêt?

Une nouvelle décennie s’amorce et quoi de mieux pour marquer le début d’une nouvelle année que de prendre un moment pour réfléchir à l’avenir de la collecte de fonds pour la prochaine décennie. Le changement n’est jamais chose facile, mais comme a déclaré un jour le célèbre biologiste français, Louis Pasteur : « La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés ».

Mon objectif est de vous aider à vous préparer à faire face à des changements majeurs qui ont déjà une incidence sur notre secteur pour que vous puissiez continuer à progresser. Voici mes trois observations sur l’avenir de la collecte de fonds.

  1. Le profil démographique des donateurs est en train de changer radicalement.

Autrement dit, la prochaine génération de Canadiens ne s’engagera pas, ne se comportera pas et ne fera pas de dons de la même manière que les générations précédentes, et ce changement est en train de s’opérer en ce moment même. Selon le Conference Board du Canada, les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient 16,1 % de la population totale du Canada en 2015, une part qui dépassera sans aucun doute 24 % d’ici 20351. Parallèlement, selon Le rapport sur les dons 2018 de CanaDon, le pourcentage de Canadiens qui font des dons de bienfaisance est passé de 24 % à 20 % au cours des 15 dernières années2. Il n’est donc pas étonnant que bon nombre d’administrateurs du secteur de la collecte de fonds que je rencontre sont préoccupés par le vieillissement de leurs donateurs et ils ont beaucoup de mal à solliciter de nouveaux donateurs potentiels en vue de leur prochaine grosse campagne de financement. L’ancienne règle du 80/20 voulant que l’on obtienne 80 % des dons de 20 % des donateurs ne tient plus. Le rapport aujourd’hui est plutôt de 90/10 et l’écart ne cesse de se creuser. Que se passera-t-il après que ces fidèles donateurs auront versé leur dernier don?

C’est à nous qu’incombe la responsabilité de nous adapter à l’évolution démographique de nos donateurs. Les jeunes et les nouveaux immigrants vont bientôt représenter la plus importante proportion de salariés au Canada et nous devons être prêts à les solliciter. Êtes-vous préparé à leur proposer des moyens efficaces et puissants pour communiquer avec vous par le truchement de leurs technologies et interfaces préférées? Le publipostage direct et les sollicitations par téléphone finiront par céder la place à des programmes automatisés, mais hautement personnalisés, ce qui m’amène au point suivant.

  1. Il ne faut pas craindre l’automatisation, mais l’adopter avec empressement.

Il est normal dans une discussion sur l’automatisation d’envisager l’aspect négatif et de craindre que les machines remplacent les travailleurs. Je vous mets au défi de réfléchir à ce que votre équipe pourrait accomplir en simplifiant et en automatisant certaines tâches ponctuelles et répétitives. Compte tenu des efforts qu’il faut consentir pour convaincre un seul donateur, j’imagine que la plupart des équipes préféreraient consacrer plus de temps à des activités plus utiles visant à remercier les donateurs existants et à maintenir et à entretenir les relations avec eux.

Selon un article publié par Global News3, la moitié des emplois canadiens seront affectés par l’automatisation au cours des dix prochaines années, MAIS c’est une bonne nouvelle : il y aura plus d’emplois, pas moins.

L’automatisation influe déjà sur le monde qui nous entoure et elle ne manquera pas d’influer sur la façon dont nous procédons pour récolter des fonds et bâtir des relations avec des donateurs. Que ce soit pour effectuer des transactions bancaires, faire son épicerie ou fréquenter un site de rencontre, il y a très peu de choses qui ne peuvent pas être faites à partir d’un téléphone intelligent. On peut même commander une pizza en quelques clics! Pour réfléchir sur l’avenir de nos programmes de collecte de fonds, il nous faut comprendre comment la prochaine génération de donateurs entre en communication avec le monde et investir dans les outils qui deviennent monnaie courante. Ce qui m’amène à l’intelligence artificielle et la collecte de fonds.

  1. L’intelligence artificielle peut servir au bien commun.

Le cinéma hollywoodien et la science-fiction ont présenté l’intelligence artificielle sous l’angle du robot meurtrier, alors qu’Alexa et Google nous ont montré qu’elle peut servir à observer nos comportements individuels et à nous vendre davantage de produits. Mais que se passerait-il si l’intelligence artificielle était exploitée pour le bien de tous?

J’ai appris récemment que l’organisme Jeunesse, J’écoute utilise l’intelligence artificielle4 et le traitement du langage pour identifier rapidement des mots et des phrases clés afin d’évaluer le niveau (et le type) d’intervention nécessaire pour répondre à l’appel d’un enfant en détresse. En se basant simplement sur les mots que l’enfant utilise, l’intelligence artificielle permet de détecter la nature de chacun des appels entrants et de procéder à leur triage. Des oncologues réputés utilisent aussi l’intelligence artificielle pour détecter un cancer beaucoup plus tôt et rapidement que les méthodes traditionnelles5.

Même si vous estimez que votre organisme de bienfaisance n’a pas la taille ni l’envergure pour tirer profit aujourd’hui de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, la première étape à entreprendre pour se préparer pour l’avenir de la collecte de fonds consiste à évaluer l’influence qu’exerceront ces changements sur vos donateurs. Les changements démographiques et l’utilisation de nouvelles technologies par les nouveaux donateurs potentiels obligeront le secteur à adopter de nouvelles méthodes de mobilisation et de communication. Des équipes d’avant-garde de collecte de fonds ont déjà recours à l’intelligence artificielle pour étudier, observer et prédire avec une exactitude plus grande le comportement des donateurs. Il ne fait aucun doute que l’intelligence artificielle deviendra le pilier de nos moyens technologiques au cours de la prochaine décennie.

Parlons de ce que vous pourriez faire aujourd’hui pour mieux préparer l’avenir de la collecte de fonds. Appelez-nous ou écrivez-moi à c.s@globalphilanthropic.ca.

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  1. Julie Ades, Daniel Fields, Alicia Macdonald et Matthew Stewart, A Long-Term View of Canada’s Changing Demographics, The Conference Board of Canada, octobre 2016, https://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=8282
  2. CanadaHelps.org, Le rapport sur les dons 2017, https://www.canadahelps.org/fr/le-rapport-sur-les-dons/
  3. Jessica Vomiero, « Half of Canadian jobs will be impacted by automation in next 10 years », Global News, le 26 mars 2018, https://globalnews.ca/news/4105713/automation-workforce-canada-human/
  4. « Kids Help Phone using AI to help save lives every single day », Global News Radio, The Morning Show with Stafford and Supriya, https://omny.fm/shows/am640-the-morning-show/kids-help-phone-using-ai-to-help-save-lives-every
  5. Ian Sample, rédacteur scientifique, « AI system outperforms experts in spotting breast cancer », The Guardian, le 1erjanvier 2020. https://www.theguardian.com/society/2020/jan/01/ai-system-outperforms-experts-in-spotting-breast-cancer